Partager l'article ! Le poids de l’errance: « Je l’aimais ». Un Film tiré d’un livre d’Anna Gavalda. Je l’ai lu, j’ai beaucoup aimé. Hie ...
| Janvier 2012 | ||||||||||
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« Je l’aimais ». Un Film tiré d’un livre d’Anna Gavalda. Je l’ai lu, j’ai beaucoup aimé. Hier soir on l’a regardé.
Ca m’a rappelé. Ca m’a ramenée. Loin derrière. On n’oublie pas cette errance dans laquelle on se retrouve quand l’homme de notre vie nous quitte.
Cet état second. Sorte de veille, de survivance. On sait, qu’il faut se lever, se laver. Manger. Prendre part à la vie. On suit le mouvement, on essaye. Mais on n’est pas là. On n’est pas là parce que, tout ça, ce n’est pas notre vie. Notre vie, c’est avant. C’est avant, quand il est encore là. Alors on erre. Sans comprendre.
Je me souviens ce vide, ce non sens d’être là. Un monde parallèle. On met difficilement un pied devant l’autre dans l’unique espoir que notre réalité refasse surface. Que le cauchemar s’arrête.
Qu’il réapparaisse. Image persistante. Scène de vie quotidienne et je suis là, essayant de vivre. Je sais qu’on voit que j’essaye seulement. Et je sais aussi que les autres font mine de ne pas le remarquer. Mais ça transpire. Cette idée tenace suinte par tous les pores de ma peau. A chaque seconde j’imagine la même scène de vie, mais avec lui. Tout à coup MA réalité reprendrai le dessus. Au détour d’un geste, d’une parole, il serait à nouveau là. Ce serai banal, facile, insignifiant…. Tellement normal… la vie reprendrait son court. J’aurais juste rêvé. Je ne serai plus obligée de faire semblant de vivre dans celle-ci. Celle-ci qui n’est pas la mienne et dont je ne veux pas. Cette vie sans saveur qu’IL m’a imposée.
Mais d’heures en heures, de jours en jours, il ne revient pas. L’idée tenace s’efface, se fane. On souffre en silence tout le temps. On pleure et on hurle à en crever, parfois. On s’endurcit, tellement. Tellement que la vie continue. Tellement qu’on arrive, à force de forces, à se faire à cette vie. A la faire sienne.
L’espoir de LE revoir s’est mué en douleur. Une douleur sourde, dont le poids terrifiant fait chanceler chacun de nos pas. Rien n’est plus sûr. Tout hésite. Le geste est tremblant, mais le pied se pose lourdement dans le sol, laissant désormais une empreinte bien profonde, bien marquée. On sait pourquoi et avec quoi on avance.
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